La primaire Hush-Hush des Hamptons pour les candidats à la présidentielle de 2028
C’était une chaude journée d’août et les clients du 75 Main à Southampton essayaient de déterminer qui était l’homme qui errait dans Main Street, choyé par plusieurs gardes de sécurité armés.
Il s’est avéré que le VIP était Bruce Blakeman, le candidat républicain défiant Kathy Hochul dans la course au poste de gouverneur de New York, et comme tant d’hommes politiques et de candidats à la présidentielle à cette époque de l’année, il s’était aventuré dans les Hamptons pour une collecte de fonds. (Le week-end suivant, Hochul elle-même se rendrait au 75 Main pour un petit-déjeuner bipartisan organisé par le magnat des supermarchés milliardaire John Catsimatidis.) Ce vendredi, Blakeman fera campagne avec le président Donald Trump avant d’assister à une collecte de fonds avec Steve Witkoff, l’envoyé de Trump au Moyen-Orient.
« Je ne peux pas marcher dans la rue sans tomber sur un membre du Congrès », déclare un collecteur de fonds politique possédant une maison à Nantucket.
Pour les polonais aux profils nationaux, le voyage en vaut la peine. C’est une opportunité pour les aspirants présidents de rencontrer des donateurs potentiels au milieu de l’ombre murmurante de haies parfaitement entretenues, et une chance pour les riches qui dépensent des sommes impies dans l’aménagement paysager de leurs résidences secondaires de rentabiliser leur investissement en faisant preuve (et en gagnant) d’une certaine influence à Washington.
Une série de candidats en lice pour 2028 ont jusqu’à présent fait le pèlerinage vers les hauts lieux de l’argent de l’été aux États-Unis. Le gouverneur du Maryland, Wes Moore, s’est arrêté dans une synagogue de Westhampton le mois dernier pour une collecte de fonds. Le gouverneur de Pennsylvanie, Josh Shapiro, a également fait le déplacement à South Fork, tandis que le gouverneur de l’Illinois, JB Pritzker, s’est entretenu avec ses partisans au domicile d’un producteur de Broadway à Sagaponack. Le sénateur Jon Ossoff de Géorgie fera son propre swing le week-end du 22 août pour un déjeuner au domicile de la créatrice de bijoux Brooke Neidich à East Hampton, suivi d’une collecte de fonds au domaine Water Mill d’Alex Soros et Huma Abedin.
Ces voyages sont apparemment des occasions de récolter de l’argent auprès de gros donateurs pour les élections de mi-mandat, mais ils servent souvent aussi un objectif implicite à plus long terme : construire un réseau national de collecte de fonds pour soutenir une future campagne présidentielle. En 2006, Hillary Clinton s’est arrêtée à East Hampton pour une collecte de fonds censée soutenir sa campagne au Sénat, même si à l’époque elle était en tête des sondages pour la présidence. Son opération de collecte de fonds au Sénat lui a finalement laissé un trésor de guerre de 13 millions de dollars qu’elle pourrait convertir en financement pour une campagne présidentielle. Cette stratégie n’a pas été sans coût pour Clinton : Le New York Times a publié un récit meurtrier en 2016 de son circuit de collecte de fonds « ultra-riches », qui comprenait une danse aux côtés de Jimmy Buffett, Jon Bon Jovi et Paul McCartney lors d’une garden-party à 33 400 $ par tête à Sag Harbor.

