Michelle Podroznik raconte Plus belle la vie.

 

Michelle Podroznik raconte Plus belle la vie.

28 / 01 / 2010

724806154.jpgCo-créatrice de la série à succès de France 3, la productrice est l’invitée de Femmes d’Histoire samedi au Mans. À 69 ans, son parcours dans l’audiovisuel est impressionnant. Entretien.

Vous êtes à la fois une enfant et une grande dame de la télé. En quelques mots, quel a été votre parcours à la télévision ?

J’y suis entrée à 19 ans. Je viens d’en avoir 69… J’ai commencé comme script à la RTF et je le suis restée 31 ans. Je suis producteur depuis 16 ans (Tramontane, Les Cordier juge et flic, PJ, Plus belle la vie…) Je vais entamer ma 50e année de travail dans l’audiovisuel à la tête de Mima production (1).

En 2004, vous remportez un appel d’offres avec Hubert Besson grâce à un projet de série quotidienne. C’est Plus belle la vie. Six ans plus tard la série bat toujours des records d’audience. À quoi tient ce succès, selon vous ?

Il y a d’abord l’intelligence de France 3 d’avoir programmé la série à cet horaire. C’était à la fois audacieux et novateur. Il y a évidemment le talent des auteurs qui ont réussi à mélanger les grandes histoires policières et romanesques avec les sujets du quotidien. Et puis, je pense que, comme pour PJ, nous avons réussi à créer une vraie troupe de théâtre.

L’autre grande originalité de Plus belle la vie tient aux sujets qu’elle aborde (la drogue, la foi, l’homosexualité…) et dans la manière assez « cash » de les traiter.

C’est vrai. On essaie de ne pas être consensuels tout en restant respectueux. C’est un travail de réflexion permanent. On confronte nos points de vue. On défend nos idées. C’est parfois assez chaud ! D’ailleurs, on se dispute beaucoup !

Justement. La série innove aussi en fonctionnant « à l’américaine » avec un atelier d’écriture…

Oui. C’est Hubert Besson qui l’a créée. En France, les auteurs tiennent généralement à écrire leur scénario de A à Z.

Dans Plus belle la vie, vous avez des auteurs qui écrivent les histoires qui serviront de base. Ensuite, il y a un atelier de « séquenciers » qui écrivent la continuité des histoires et le tout est confié à des dialoguistes. C’est une séparation nouvelle en France.

En France, on a aussi tendance à bien séparer les genres et à les opposer. Vous, vous dites : on peut très bien aimer le théâtre et la télévision.

Bien sûr ! Je ne supporte pas le mépris et les distinctions. La France est le seul pays au monde où on fait une distinction entre les comédiens de théâtre, de cinéma et de télévision, où on a ce snobisme…

Je passe ma vie au théâtre et ça ne m’empêche pas d’aimer la télé. C’est un instrument de connaissance, de plaisir et de savoir pour toute une catégorie de la population qui n’a pas les moyens d’aller au cinéma ou au théâtre. On a le devoir de faire une télévision sérieuse et cultivée mais aussi de divertissement noble.

Source : ouest-france.fr.

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