Samuel Allain Abitbol (Rémi) : « Je suis fier de ma différence, elle me donne plus de force »

17 septembre 2019 20:38

Depuis le 21 août dernier, les téléspectateurs de Plus belle la vie suivent les aventures de Rémi, le nouveau serveur du Bar du Mistral. Le jeune homme est incarné par Samuel Allain Abitbol, un comédien atteint de trisomie. Alors que sa dernière apparition dans la série a été diffusée ce mardi 17 septembre 2019 à 20h20 sur France 3, voilà qu’il s’est confié à Télé-Loisirs sur son arrivée au casting, sur ses projets et sur l’exposition des personnes souffrant de handicap.

Télé-Loisirs : Comment êtes-vous arrivé dans Plus belle la vie ?

Samuel Allain-Abitbol : « J’ai été repéré par une directrice de casting sur Internet qui m’a présenté à Sebastien Charbit, le producteur de Plus belle la vie, et qui m’a choisi pour le rôle de Rémi. Depuis tout jeune, je rêve de jouer la comédie, d’imiter et de faire rire ».

Comment se déroulent les tournages de Plus belle la vie à La Belle de mai ?

« Très bien. On vient nous chercher à l’hôtel, on nous amène au maquillage, petite répétition entre acteurs puis on tourne nos séquences ».

La production a expliqué avoir fait des aménagements pour vous permettre d’intégrer la série plus facilement, savez-vous de quoi il s’agit ?

« J’ai eu le même traitement que tout le monde. Mais, comme je tournais dans un autre film, ils ont dû faire quelques aménagements pour que je puisse faire les deux ».

Avez-vous un coach ?

« Non, je travaille souvent avec ma mère ».

Que pensez-vous de la représentation des personnes handicapées à la télévision ?

« Je trouve ça génial que les téléspectateurs puissent voir des gens différents à la télévision. Et dommage aussi qu’il n’y en ait pas plus ».

Cela vous embête-t-il que l’on parle de vous en soulignant votre différence ?

« Non. Je suis fier de ma différence, de ma trisomie 21, elle me donne plus de force, et puis on est comme on est ».

Trouvez-vous que les choses sont en train de changer ?

« Oui un peu, mais c’est encore trop lent. J’ai été le seul trisomique à passer son bac. On pourrait, par exemple, intégrer dès le plus jeune âge un milieu ordinaire : l’école, la garderie, dans les milieux récréatifs, sportifs, artistiques »…

Que pensez-vous du fait que souvent des acteurs valides incarnent des personnes handicapées (Bruno Debrandt dans Caïn, Anne Décis et Boubakar Kabo dans Plus belle la vie, Sara Mortensen interprète une autiste Asperger dans Astrid et Raphaëlle) ?

« Ça aurait été bien de donner sa chance à un handicapé, d’autant plus qu’il n’y a pas assez de rôle pour eux. Sauf pour Anne [Decis, ndlr] qui est depuis très longtemps dans Plus belle la vie et dont le personnage a un accident dans la série. Ce sont les choses de la vie »…

Quelles sont, selon vous, les difficultés de faire tourner un acteur atteint de handicap ?

« Selon moi, les difficultés pour le handicap mental seraient liées aux stress et la concentration. Quant au handicap moteur, ce sont l’organisation et la logistique. Mais rien n’est impossible avec de la volonté ».

Vous serez bientôt dans Meurtres en pays cathare. Avez-vous d’autres projets ?

« Cette semaine, je vais rencontrer un réalisateur – Tommy Weber – qui est en train de finir d’écrire un scénario pour moi et j’espère revenir dans Plus belle la vie ».

Savez-vous s’il y aura une suite à Mention particulière, le téléfilm de TF1 auquel vous avez participé ?

« On m’a dit qu’il y aurait une suite mais je n’ai pas de nouvelle pour l’instant ».

Plus belle la vie fait battre le cœur des téléspectateurs depuis 2004. La série tient toujours sa promesse de divertissement et d’émotions, alliant suspense, romance, comédie et sujets de société. C’est une histoire mais aussi un espace où l’on se retrouve face à la vie de tous les jours, dans une réalité sociétale quotidienne et multiculturelle, ouverte et multiple.

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