Joakim Latzko : « Ce n'est pas anodin de la part des auteurs d'avoir fait de Gabriel et Thomas un couple phare »

 

Joakim Latzko : « Ce n’est pas anodin de la part des auteurs d’avoir fait de Gabriel et Thomas un couple phare »

21 / 02 / 2019

 

Joakim Latzko, l’interprète de Gabriel Riva dans Plus belle la vie, se confie sur la grande intrigue réservée à son personnage dans une interview exclusive accordée au magazine Télé-Loisirs.

Télé-Loisirs : Comment avez-vous réagi en découvrant les scénarios de cette nouvelle intrigue de Plus belle la vie ?

Joakim Latzko : « On en avait déjà parlé, je savais que les parents de Gabriel arriveraient. Mais je prends toujours les intrigues avec des pincettes car j’ai peur d’être déçu, donc j’évite de demander trop d’infos. Je suis très content de jouer des choses fortes. Quand j’ai découvert le père de Gabriel, j’ai trouvé que c’était fin de la part des auteurs. Ça éclaire plein de choses sur Gabriel ».

C’est d’autant plus fort que Gabriel et Thomas sont un couple phare de Plus belle la vie et le premier mariage gay de la télévision française…

« Oui, c’est d’autant plus engagé parce que c’est un couple homosexuel. Ce n’est pas anodin de la part des auteurs d’avoir fait de Gabriel et Thomas un couple phare et solide. Symboliquement, le fait qu’ils se séparent, ça change la donne. J’aime bien cette escalade du mensonge, comme un château de cartes qui s’écroule. On a tous cette dualité entre notre personnage public et ce qu’on est dans l’intimité. Gabriel aime bien en jeter plein la vue, même à ses proches. On connaît tous des gens comme ça, qui ne tombent jamais le masque, j’en connais sur le tournage de la série ».

Est-ce encore plus vrai quand on est comédien ?

« C’est compliqué car c’est un métier de représentation. C’est un métier où on doit savoir être intime en public et donner envie. Mais oui, on a tous envie de projeter une image, de dégager quelque chose de fort. Quand on est déprimé, soit on reste chez soi, soit on donne le change ».

Malgré les épreuves, Thomas et Gabriel ne pouvaient pas rester séparés bien longtemps ?

« Sur le tournage, le réalisateur nous laissait beaucoup de liberté. Pour la scène de rupture à l’hôpital, Laurent Kérusoré m’a dit : Avec une scène comme ça, ils vont voir qu’il y a encore de l’amour entre eux. On aurait pu le jouer de manière plus froide, mais c’est ce qui nous est venu à ce moment-là ».

Avez-vous reçu beaucoup de réactions à cette intrigue de Plus belle la vie ?

« J’ai eu quelques réactions en message privé, dont celle de quelqu’un qui est dans cette position. Ça m’a beaucoup touché car je sentais une vraie souffrance de la part de cet homme, qui est d’une culture dans laquelle il doit tout cacher, et ça l’aide de voir ça. J’ai entendu des critiques dire que ce n’était pas possible, mais il y a des milieux où cette intolérance existe. C’est la mission de Plus belle la vie, une mission de service public d’éduquer à travers les sujets qu’on aborde. Au-delà de la fiction et du divertissement, il y a un vrai message ».

Plus belle la vie va fêter ses 15 ans en 2019. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

« Des applaudissements mérités car il n’y a pas de précédent à la télévision française pour un feuilleton quotidien. On est déjà dans l’histoire et c’est un challenge de continuer à se réinventer tout en restant pertinent. Je trouve aussi très flatteur qu’il y ait Demain nous appartient et Un si grand soleil car c’est la preuve incontestable du succès, puisque Plus belle la vie a fait des petits. Il faut continuer à miser sur l’actualité et les sujets sensibles qui préoccupent les Français ».

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