Laetitia Milot (Mélanie) « L'Endométriose n'est pas une maladie mortelle, mais on souffre énormément »

 

Laetitia Milot (Mélanie) « L’Endométriose n’est pas une maladie mortelle, mais on souffre énormément »

14 / 04 / 2016

Sans titre-155Laetitia Milot alias Mélanie de Plus belle la vie a publié ce jeudi 14 avril 2016 « Le bébé, c’est pour quand ? » un livre pour raconter son combat contre l’Endométriose. La comédienne veut sensibiliser le grand public à cette maladie gynécologique chronique qui touche une femme sur dix, mais dont on connaît peu de choses. Elle a répondu à une interview à MétroNews que nous vous proposons de découvrir ci-dessous.

Pourquoi avez-vous décidé d’écrire un livre sur l’Endométriose ?

Laetitia Milot : « J’ai écrit ce livre pour sortir la maladie du silence. Il faut arrêter de croire que les douleurs menstruelles insoutenables c’est normal et prendre les femmes qui ont de l’endométriose pour des folles. Il y a encore trop de médecins qui n’écoutent pas la souffrance des patientes. « C’est dans votre tête », disent-ils. Mais c’est faux ! Il faut que les professionnels soient plus à l’écoute et que la recherche soit plus approfondie. On a peut-être de la chance que notre maladie ne soit pas mortelle, mais elle fait beaucoup souffrir ».

Ça n’a pas été trop difficile de vous mettre à nu et de parler de votre intimité ?

« Mais si personne n’en parle, rien ne bougera. On n’a pas de chiffres officiels mais on estime qu’en France 3 à 6 millions de femmes sont atteintes d’endométriose. J’ai voulu utiliser ma petite notoriété pour faire changer les choses. C’est une maladie peu connue car elle touche l’intimité de la femme. Le cancer du sein aussi, mais il est plus connu. Comme l’endométriose n’est pas une maladie mortelle, on pense que c’est moins grave ».

Malgré le sujet, votre livre n’est pas plombant. C’était une volonté ?

« Je voulais que mon livre soit positif car je n’ai pas envie de m’apitoyer sur mon propre sort. C’est pour cela que je raconte la maladie dans mon quotidien mais aussi dans celui de nombreuses femmes avec un degré d’endométriose plus élevé que le mien et qui souffrent en silence ».

Des personnalités comme Imany ou Léna Dunham ont publiquement annoncé qu’elles souffraient d’Endométriose. On a le sentiment que la maladie sort un peu de l’ombre…

« Mais c’est génial. Il y a même des femmes qui prennent la parole et qui n’en sont pas atteintes. L’endométriose est un mal qui nous concerne tous : on peut avoir une fille, une nièce ou une amie qui en souffre. Il faut trouver des solutions, et découvrir d’où vient cette maladie car on ne le sait pas ».

Vous dites aussi dans votre livre que l’Endométriose est une maladie de couple. Le votre semble très soudé.

« Oui c’est une maladie de couple en second plan. Je n’ai volontairement retenu que les témoignages positifs dans mon livre car je n’avais pas envie de parler des histoires négatives. Je voulais montrer l’exemple de Badri et moi. Nous sommes un couple moderne, nous communiquons et il n’a pas peur de m’accompagner chez le médecin. Il faut que les couples soient soudés et complices, que les hommes soient à l’écoute de leurs femmes ».

Les gynécologues aujourd’hui ne sont-ils pas de plus en plus attentifs à l’Endométriose ?

« Oui, il ne faut pas faire de généralités, des bons médecins il y en a et partout en France. Je suis tombée sur deux gynécologues qui n’étaient pas à mon écoute, et qui ne m’ont pas fait les analyses nécessaires. On m’a juste dit de prendre du spasfon et du doliprane. Du coup on en vient à se dire que c’est normal de souffrir et qu’on doit juste serrer les dents. Il ne faut pas voir peur de changer de médecin ».

Malgré toutes les épreuves que vous avez traversées, vous gardez l’espoir. D’où tirez-vous votre force ?

« Je tire ma force des épreuves que j’ai vécues. Je me dis qu’on n’a qu’une vie et qu’il faut en profiter à fond car on ne sait pas quand on mourra. Yanis (son premier amour, décédé d’un cancer, ndlr) positivait beaucoup et il a gardé l’espoir jusqu’au dernier souffle. Je me suis dit que je serais comme lui. Il faut arrêter de se prendre la tête sur des broutilles et rester positif ».

Dans le livre, vous racontez aussi votre combat pour devenir mère. Encore une épreuve…

« Oui, je positive car je me dis qu’il y a pire que moi. Et puis il y a plusieurs possibilités d’être mère : si ce n’est pas naturellement, ce sera peut-être par l’adoption. Tout le monde n’a pas la chance de naître au bon moment et au bon endroit. Il y a plein d’enfants malheureux qui ne demandent qu’un foyer pour les accueillir. J’y songe complètement. Quoi qu’il arrive, je serai maman ».

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