Sylvie Flepp (Mirta) au Festival d'Avignon « Honnêtement, c'est fatiguant »

 

Sylvie Flepp (Mirta) au Festival d’Avignon « Honnêtement, c’est fatiguant »

22 / 07 / 2015

Sans titre-122Pour le grand public, depuis 2004, Sylvie Flepp est Mirta de Plus belle la vie. A Avignon aussi, on arrête l’actrice dans la rue pour des « bonjours » ou des autographes, mais ça ne suffit pas pour que sa pièce fasse automatiquement le plein. Star ou pas, comme pour les plus de 1 300 spectacles du Festival Off, il faut convaincre, plaire, remplir jour après jour.


Surtout quand son spectacle n’est pas complètement au point. Et c’est le cas de celui de Sylvie Flepp. Dans « Happyend.com », elle interprète la mère d’un jeune écologiste révolté qui vient d’avoir son bac et rêve de quitter le nid familial. Elle, vend des funérailles par téléphone, et est prête à toutes les bêtises pour ne pas voir partir son fils, y compris de le mettre involontairement dans les bras de sa belle voisine de copine. Bref, un chassé-croisé classique du théâtre de boulevard.

Sylvie Flepp et l’autre comédienne, Françoise Lépine, y montrent tout leur métier. Mais ce « Happyend.com » a deux problèmes. On zappe d’un thème à l’autre sans jamais aller plus loin que la surface des choses et le spectacle est plombé par le troisième comédien. Un jeune artiste trop dilettante pour qu’on y croie.

Sylvie Flepp a suffisamment de métier pour le savoir. Ça ne l’empêche pas de garder le sourire. Elle s’est confiée au site Ouest-France sur une terrasse ombragée d’Avignon, juste après son spectacle. Voici un extrait de l’interview.

C’est dur Avignon ?

C’est la loi de l’offre et de la demande. Et il y a de plus en d’offre chaque année sans que le public ne se multiplie. Il va en priorité voir les valeurs sûres qui ont déjà marché. J’étais déjà venue avec « La Femme placard »  dans le Off et, dans le In, avant l’an 2000, avec Bernard Murat. Cette fois, on m’a proposé cette pièce, sans savoir où ça serait. Finalement, c’était Avignon et on a créé le spectacle ici. C’est une opportunité mais c’est rock’n’roll. On avait évidemment travaillé avant. N’empêche que sur place, on a eu un créneau de 16 h à 23 h, la veille de commencer, pour régler les lumières et, en fait, la générale s’est faite le jour de la première.

C’est le saut dans le vide. Quand on démarre un nouveau spectacle, on recommence toujours à zéro. On est tout neuf. On a commencé avec 20 à 25 spectateurs dans une salle de 200 places. Honnêtement, c’est fatiguant. On ne dort pas bien. On n’a pas la clim’. Bref, Avignon !

De nombreux spectateurs viennent voir Mirta de Plus belle la vie ?

C’est bien que des gens qui m’ont vue à la télé viennent au théâtre. Ils sont curieux. Ils ne restent pas coincés devant leur petit écran. Ils viennent voir du théâtre vivant.

C’est important de revenir au théâtre régulièrement ?

J’aime bien. Il y a deux ans, j’étais aussi repartie en tournée avec Gigi de Colette, monté par Richard Guedj. C’est revenir aux fondamentaux. Il n’y a rien de plus jouissif que le renvoi immédiat du public. C’est une vraie joie, une récompense immédiate. On entend les spectateurs rire. On sent la salle s’émouvoir. Au théâtre, les jours se suivent et ne se ressemblent pas.

A Avignon, on voit de plus en plus de one-man-show, notamment de gens qu’on voit à la télé. Qu’en pensez-vous ?

Ce n’est plus le même métier. Le Off ce n’est pas ça. L’esprit, normalement, c’est de promouvoir de nouvelles compagnies, de nouveaux spectacles. Eux, ils ont déjà tourné leur spectacle et viennent le rentabiliser ici.

Comment se présente la rentrée ?

On aimerait avoir d’autres dates pour Happyend.com. Peut-être le jouer à Paris. J’ai aussi une autre pièce sous le coude, Les Femmes du sous-sol de Daniel Besse. J’espère qu’on le fera bientôt. Et puis, Plus belle la vie va reprendre avec, notamment, un prime time (début de soirée), fin août, avec beaucoup d’acteurs des débuts. Je vais retrouver ma vie dans le train, entre Paris et Marseille, où on tourne la série. Ça prend beaucoup de temps mais c’est une belle gymnastique de l’esprit. Plus ça va, plus on apprend les textes vite, surtout quand c’est bien écrit.

Vous allez parfois dans l’Ouest de la France ?

Je suis une fausse Bretonne, une Bretonne de cœur. Mon arrière-grand-père était officier de marine. Il avait acheté un petit manoir, près d’un château du XIe siècle, à Kersaint en Portsall (Finistère Nord en face d’Ouessant). Il a rajouté des ailes au fur et à mesure et, comme nous sommes une famille phalanstérique, on passe les étés là-bas, en se relayant de quinze jours en quinze jours. Quand il fait beau, c’est magnifique. Mon père avait le bateau au Moulin blanc de Brest ou à l’Aber Benoit. Donc, je connais la mer à 12°. J’y serai à la fin du mois. Malheureusement pour une seule semaine.

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