Olivier Szulzynger : « On ne raconte pas les mêmes histoires aujourd'hui qu'il y a dix ans »

 

Olivier Szulzynger : « On ne raconte pas les mêmes histoires aujourd’hui qu’il y a dix ans »

11 / 09 / 2014

Plus belle la vie

A l’occasion des 10 ans de Plus belle la vie, Olivier Szulzynger (auteur et directeur de collection depuis 2004) livre quelques secrets de fabrication de votre série pétillante qui traite des grands thèmes de société comme le racisme, l’homosexualité, la politique ou le conflit des générations. Il adore son métier qui le lui rend bien, le budget de production de la série s’élevant même à 30 millions d’euros. Voici son interview réalisée par le site Bluewin.ch.

Plus belle la vie, est-ce un portrait d’époque ?

Olivier Szulzynger : « On ne raconte pas les mêmes histoires aujourd’hui qu’il y a dix ans. C’est un portrait de la France d’aujourd’hui. On a parlé du mariage gay, des drogues comme le cannabis qui seraient créatives, ce qui ne suscite pas la même polémique en Suisse, je le sais, tout en évoquant la crise économique et politique. Plus belle la vie représente un septième en volume de la production en France. C’est aussi la meilleure audience de France Télévisions. Mais quand je raconte une histoire, ma préoccupation en tant qu’auteur est de savoir si elle est vraie, ce qu’elle raconte sur le monde et si je la raconte avec sincérité ».

Quel est, selon vous, le regard des téléspectateurs suisses ?

« Il y a beaucoup de similarités. Les sujets sur les rapports homme-femme, sur la famille, sur la comédie, concernent tout le monde. Mais je me demande si le public suisse ne s’amuse pas un peu de notre hystérie et s’il n’y trouve pas, peut-être, un certain exotisme. Il n’y a pas beaucoup de références à la Suisse. Il y a eu des épisodes qui montraient un banquier suisse en train d’aider à l’évasion fiscale. C’est la seule intrusion qu’on a faite. Mais j’aime la Suisse! Je serais ravi d’être invité en Suisse pour parler de la série ! ».

Comment est née la série Plus belle la vie telle qu’elle est aujourd’hui ?

« Avant 2003, la télévision française n’avait pas du tout de réelle tradition de feuilleton quotidien. Au début, les premiers épisodes de cette série ne racontaient que des histoires secondaires et le public français n’accrochait pas, habitué à des polars, des sagas de l’été, des histoires plus fortes. Alors en 2004, on a choisi de raconter une histoire fantastique ou policière très rocambolesque comme trame principale, avec des protagonistes de la vie de tous les jours. Nous avons un peu regardé du côté du roman feuilleton français du 19ème siècle. C’est une série très atypique ».

Comment travaillez-vous sur l’écriture, de la série jusqu’à sa réalisation ?

« Je chapeaute une équipe de 25 auteurs et nous jouissons d’une grande liberté. Les directeurs de collection travaillent sur les histoires principales, et les auteurs, sur les histoires secondaires, et se réunissent pour des séances de lecture. Deux responsables des dialogues harmonisent le scénario en dernier lieu. Chaque épisode doit être tourné en une journée ».

Il y a certainement de nombreuses anecdotes dans la fabrication de la série…

« Ce sont plutôt des clins d’œil. Exemple, Frémont était censé vendre des journaux un peu pourris qui titraient: « Pour tout savoir sur la vie des scénaristes ». Alors on a mis notre photo en couverture ! Une autre fois, je devais jouer un corbeau dans une histoire de caméra cachée. Et je me suis retrouvé à me déguiser en poussin. Et, je suis tellement mauvais comédien, que l’équipe technique a dû couper ma voix ! ».

L’interactivité avec les téléspectateurs va devenir probablement un enjeu de taille, pour vous ?

 

« Oui, et il s’agira de brouiller de plus en plus la limite avec l’univers des téléspectateurs ».

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